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dimanche, février 26, 2006

Il ne suffit pas de vouloir faire le bien pour bien faire

Aider les gens c'est bien, mais il ne suffit pas de vouloir faire le bien pour bien faire. J'ai trouvé un article très intéressant d’Odon Vallet, paru dans le journal La Croix qui illustre l'absurdité de certaines démarches entreprises par des jeunes qui veulent 'aider' les pays 'pauvres'.

« Avec l’été voici le retour des voyages humanitaires, versions ethnologiques des safaris photos. En un mois, des jeunes croient pouvoir découvrir et secourir des populations inconnues et des civilisations ignorées. Ils vont aider des gens dont ils ne parlent pas la langue et méconnaissent les moeurs. Les résultats sont consternants. Tel groupe d’étudiants construit une école au Vietnam alors que pas un ne sait manier la truelle : les murs ne tiennent pas debout. Tel autre va lutter contre le sida en Afrique avec des affichettes représentant des phallus géants : il scandalise la population. Tel autre encore fait du soutien scolaire au Togo pendant les vacances d’été : les lycéens togolais étant aux champs pour gagner un peu d’argent, les tuteurs français ne soutiennent pas grand monde. Et avec le prix d’un seul billet d’avion aller retour Paris – Lomé, on peut faire vivre quatre élèves africains pendant un an.

Certains de ces jeunes amènent du matériel scolaire inutile ou mal adapté qu’il aurait été moins coûteux d’acheter sur place. D’autres offrent des cédéroms à des écoles qui n’ont même pas l’électricité. (…)

Il serait dommage de décevoir l’altruisme des jeunes, mais il serait tout aussi regrettable de gaspiller leurs ardeurs par des efforts inutiles et de dilapider leur enthousiasme par des gestes inefficaces. »

« Pour un occidental qui part plein d'enthousiasme participer à un projet de développement au Sud, dix occidentaux y sont déjà et font des dégâts qui nécessiteraient des milliers de projets de développement pour y remédier. Pire, parmi ces occidentaux qui partent plein d'enthousiasme et de belles intentions, la majorité fera, par inexpérience, manque de maturité ou pure bêtise, l'inverse de ce qu'il faudrait faire, et sûrement plus de dégâts que si elle n'était pas venue. »


Parfois il vaut mieux ne rien faire que de mal faire… Donc avant de se lancer dans le bénévolat, dans l'humanitaire, il est fondamental de prendre un vrai temps de réflexion sur la démarche que vous allez entreprendre.

4 Comments:

  • Je suis d'accord avec ce qui est dit au debut du texte, mais il ne faut forcement voir "le mal" partout.
    En effet, ces personnes la, en dépit du fait qu'il ne change pas grand chose, apporte une modification au niveau de leur vision de la vie.
    Voir la misère, la souffrance en face de soit, la vivre, crée une déchirure avec les aprioris.
    Si toute personne ouvrait sa sensibilité, essayait de devenir magnanime, la misère ferait un pas en arrière...Du moins voila mon humble avis...
    Un résumé, ces personnes n'apportent peut etre pas grand chose aux pays pauvre mais ils en apportent beaucoup aux pays "riches" vivant de plus en plus dans des société individualistes

    By Anonymous Anonyme, at 10:12 AM  

  • Salut

    Je suis d'accord avec certains point de l'article. Mais Surtout d'accord avec Jamel. En effet le problème dans ces pays ne se situe pas seulement sur ce qui est fait par les gens qui vont aider. Mais aussi sur ce qui ne se fait pas. Il est clair que ces jeunes étudiants vont aussi apprendre de la part "Des gens oubliés". De plus, cette aide humanitaire s'inscrit dans la continuité et le long terme. Après tout, soyons honnêtes entre nous, c'est pas non plus du jour au landemain, (je pense à l'Afrique) que les gens vont décider de construre une école d'eux même. C'est aux gouvernements de le faire. Mais, ils sont très occupé, et le peuple vit de l'eau de la source, mais sans le pain.
    Cependant, j'ose espérer qu' à votre façon vous participer à l'amélioration de l'aide sous toutes ses formes. Ne rejettons rien, mais entretenons, aprenons à faire nous même et restons courtois avec ceux qui prenent l'initiative d'aider les nôtres avant nous-même.
    Quant au billet d'avion, si jamais un jeune étudiant y rennonce, je ne sais pas dans quelle poche il tomberait.

    By Anonymous Anonyme, at 4:17 PM  

  • Keep up the good work »

    By Anonymous Anonyme, at 9:14 AM  

  • La bêtise ordinaire des gens bien intentionnés

    La bêtise, la simple, banale, quotidienne, terrible sottise des honnêtes gens de mon quartier m'est particulièrement insupportable.

    Ainsi dans la tête de ces imbéciles moyens les humbles citoyens vers lesquels convergent soudainement les projecteurs de l'actualité sous prétexte qu'ils sont encore plus bêtes que la moyenne de leurs congénères de par l'exercice original ou intensif de leur profession (tel un charcutier recevant une médaille pour services rendus à la cause carnée), deviennent des héros élevés à la dignité d'un article dans le canard local.

    De simples victimes de leur condition sociale, ils passent du jour au lendemain au statut élogieux et immortel de héros par le simple fait de l'importance médiatique donnée à l'événement...

    Décidément, les gens de mon quartier sont mes pires ennemis. Surtout cette Madame Dumou, brave ménagère cinquantenaire d'aspect à la fois insignifiant et caricatural avec son cabas plein de poireaux qui dépassent, avec sa pensée lisse, inoffensive, révélatrice de la mollesse ambiante de la masse dominante qui lui ressemble... Madame Dumou, femme du peuple sans histoire, bonne, honnête, émotive, "bien comme il faut", propre sur elle est en fait un véritable terroriste de la pensée. D'une extrême dangerosité. L'adversaire irréductible de tout bel esprit épris de hauteurs.

    Ennemie jurée des idées brillantes, élevée dans le culte de la médiocrité et du pot-au-feu du dimanche, Madame Dumou à la base ne croit qu'aux vérités potagères contenues dans son cabas. Depuis les profondeurs vertigineuses de son vénérable réceptacle à légumes qu'elle trimbale d'épiceries en superettes, n'importe quel Dupont sous le soleil de sa télévision allumée en permanence peut, pour un oui ou pour un non, devenir un messie.

    Quand je croise Madame Dumou dans la rue, armé de mon sourire lénifiant, je prends bien garde à toujours lui adresser mes plus conventionnelles salutations en ne laissant jamais rien paraître de ma véritable nature : elle ne sait pas que j'appartiens à la secte honnie des beaux esprits.

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    By Blogger Raphaël Zacharie de IZARRA, at 3:15 PM  

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